La place des femmes dans le milieu viticole



Les barrières de l’Histoire …

L’histoire du vin à rarement été tendre avec les femmes. Elles se sont souvent vues refuser l’accès à de nombreux loisirs, de nombreuses carrières et professions… La viticulture fait partie de ces nombreuses activités qui ne font pas exception à cette règle et on peut le comprendre à la lumière de plusieurs faits historiques. En effet dans l’Antiquité, boire du vin était interdit aux femmes. La peine capitale pouvait alors être encourue si elles n’obéissaient pas à cet ordre. Fort heureusement cette interdiction s’est vite perdue à partir du Moyen-Age. Mais dès la fin du 18ème siècle la morale bourgeoise érige un code de conduite très stricte, et décrète qu’une "femme honorable" ne boit pas de vin. On peut également penser aux stéréotypes qui ont éloigné les femmes du secteur viticole. En effet dans l’esprit de la plupart des personnes, choisir une bouteille, la déboucher et la servir est un sujet d’homme. Certaines règles de savoir-vivre font même appel au fait que les femmes ne doivent pas se servir seules et encore moins servir les invités ou demander qu’on lui remplisse son verre. Heureusement pour nous, mesdames, la société bourgeoise prévoit que nos charmants voisins ne nous laissent jamais face à un verre vide. Une vision certes très figée, mais qui tend à se modernise.


La révolution féminine

Les femmes ont un lien très ancien avec le vin malgré les idées reçues. En 1788 la veuve Françoise-Joséphine de Lur-Saluces reprend les rênes du Château d’Yquem et c’est sous sa direction que le Château acquière sa renommée internationale. Au 19ème, deux veuves Alexandrine Pommery et Barbe Nicoles Clicquot vont, elles aussi, reprendre la tête des exploitations en pérennisant leurs domaines.

Elles ont su brillamment continuer le travail de leurs défunts maris, et en les surpassant, et ont laissé leurs noms dans l’histoire contrairement à eux. Dans les années 1960-1970 un nouveau phénomène apparaît : les femmes créatrices de domaines viticoles. Elles ne sont alors ni veuves ni héritières mais développent leurs exploitations par passion. Elles ne sont plus l’ombre de l’homme en tant qu’épouse, mère ou fille de vigneron mais bien actrices principales.

De nos jours, les femmes peuvent se croiser sur le chemin des vignes, se retrouver sur les bancs des nombreuses formations en viticulture & œnologie ouvertes à tous et peuvent défendre le fruit de leur travail au concours mondial des vins Féminalise qui leur est dédié.

À travers cette exposition nous allons vous présenter comment le monde du vin se féminise de la vigne au verre, de la production à la vente toute la chaîne du milieu viticole prend un nouveau tournant, on vous raconte leurs histoires. #WOMENDOWINE


Diane est viticultrice depuis janvier 2017 au domaine Escogriffe.
Elle est épaulée de son père et son oncle.

Son parcours scolaire est très étoffé : titulaire d’un DUT en agronomie, elle passe 2 ans dans une école d’ingénieurs à Dijon et obtient un double-diplôme : son diplôme d’ingénieur en alternance dans un domaine viticole ainsi que le diplôme national d’œnologue.

Elle apprécie particulièrement la polyvalence que son métier requiert, la multiplicité des tâches rendant le quotidien tout sauf répétitif.

Béatrice a obtenu son CAP Employé Familial au prix de nombreux efforts : sur les bancs de l’école la semaine elle travaillait également le week-end dans un restaurant. Son diplôme en poche elle intègre l’usine de couture New-Men où elle poursuit sa vie professionnelle jusqu’à ce que celle-ci prenne un tournant en 1982, l’année de son mariage avec l’un de nos vignerons implantés à Brissac : Daniel Rahard. Elle le rejoint sur son exploitation, y apprend le métier de viticulteur jusqu’à devenir la chef d’exploitation de l’EARL RAHARD en 1999, l’année de sa création. Aujourd’hui elle s’occupe entièrement avec son mari et son fils de leur double exploitation (vigne et bovin). En plus d’aider à la vigne, elle s’occupe de manager les équipes pendant les vendanges. Ce qu’elle apprécie particulièrement dans son métier de viticultrice c’est de voir l’évolution de la vigne selon les saisons et l’aboutissement de son travail lors de la récolte. Elle ne changera pour rien au monde sa vie au grand air et à la nature qui parfois peut mener la vie dure.

Elle n’était pas prédestinée à travailler dans le monde du vin, en effet après avoir passé quinze années dans le monde du tourisme en tant que responsable commerciale du parc de loisirs de l’Étang à Brissac, elle a décidé de rechercher d’autres missions dans le développement commercial et a atterri aux Caves de la Loire. En 2017, elle fait ses premiers pas dans le monde du vin pour développer le projet œnotourisme dans un premier temps mais également remplacer un congé maternité en tant que commerciale à la boutique de Brissac, ce qui consistes à conseiller sur le vin mais aussi être en relation avec des restaurateurs locaux, les CE d’entreprises. Elle ne se projetait pas de travailler dans ce domaine, mais finalement elle est conquise de l’opportunité qui lui a été offerte. Le changement et la diversité des missions est au rendez-vous. Ce qu’elle aime dans ce milieu c’est partager un moment avec les clients, leur apporter des conseils. De plus c’est pour elle un métier passionnant et technique où elle apprend constamment.

Jacqueline a commencé à travailler il y a 40 ans dans le milieu viticole aux Caves de la Loire en s’occupant du circuit ventes directes composé d’une trentaine de représentants. Pour gagner en compétences et se diversifier elle se dirige sur la partie marketing en création et achats des matières sèches.

Puis il y a une douzaine d’années elle est arrivée dans le monde de la production où elle est devenue responsable des lignes de conditionnement fixes et mobiles. Elle a toujours été passionnée pour le monde du vin. Elle apprécie tout particulièrement la diversité du métier, le relationnel avec les équipes de production et commerciale.

C’est un vrai challenge de réaliser chaque jour des programmes de production aussi complexes soient-ils.

Son équipe produit 13 millions de bouteilles par an regroupant 83 appellations AOC et IGP du Val de Loire.

Élodie a commencé son parcours viticoles par un BTSA viticulture-œnologique et un BTSA technico-commercial boissons, vins et spiritueux. À la suite de ses études elle a intégré le milieu viticole dans un petit domaine en travaillant en cave. Sa première vinification a été marquée par l’exceptionnel millésime 2003. Puis en 2004 elle travaille en tant que caviste aux Caves de la Loire à Tigné pendant 3 ans. C’est en octobre 2007 qu’elle quitte son poste pour devenir maître de chai au Château de la Varière à Brissac-Quincé où elle a pu vinifier de magnifiques rouges et liquoreux de garde. Puis en elle est revenue à son ancien poste à Tigné en tant que caviste, et a évolué en en tant qu’acheteur négociateur sur l’Anjou-Saumur pour le compte d’Albert Besombes Moc Baril et en 2017 elle a été promu responsable de site d’activité Raymond Morin. Le milieu du vin était une évidence pour Elodie lors de son enfance elle adorait aller dans les caveaux.
Elle apprécie tout particulièrement la nature et le terroir, le vin représente un produit vivant avec une multitude de facettes. C’est un métier où il y n’y a pas d’ennuis ou de routine. Une journée, elle peut être en dégustation, en négociation clientèle, dans la cave ou dans les vignes.

Amandine n’était pas prédestinée à travailler dans le milieu viticole, avec un BTS à Agritec une des branches de l’ESA, elle entre dans le monde du travail chez Easydis à Cholet en tant que préparatrice de commande et finalement après 2 ans sur la plateforme de distribution elle entre aux Caves de la Loire en 2007 en tant que conseillère de vente. Comme beaucoup de salariés des Caves de la Loire, ce qu’elle aime au sein de cette coopérative c’est la diversité des tâches, mais également le contact avec la clientèle. Parler du vin et donner des conseils de dégustations et d’accords mets & vins font aussi parti des attraits positif de son travail.

Claire,
Elevée dans une exploitation cidricole et d’élevage laitier, Claire savait depuis toute petite qu’elle évoluerait professionnellement dans le milieu de l’agriculture. C’est pourquoi elle entreprit de 2010 à 2015 des études d’ingénieur en agricultures, option vigne et vin en alternance où elle a pu notamment travailler au service adhérent à la cave de Turckheim entre 2012 et 2015 puis s’est essayé également en tant que technicienne de laboratoire qualité fin 2015.
Après l’obtention de son diplôme elle a travaillé quelques mois en tant qu’ouvrière viticole pour le Château Thébaud. Et c’est en juin 2016 qu’elle a rejoint les Caves de la Loire en tant que technicienne relation adhérents et en parallèle depuis toujours elle apporte son aide sur l’exploitation familiale.
Elle aime avant tout dans son métier accompagner les vignerons et les impliquer dans leur coopérative, travailler main dans la main avec eux et ainsi créer un vrai lien. C’est aussi travailler à l’extérieur, avec le vivant. Comme beaucoup de personne qui travaille au sein de cette coopérative, elle aime son travail pour la polyvalence et l’autonomie des tâches qui lui sont confiées.

Inès,
Depuis toujours passionnée par le vin, elle entreprit un double diplôme le premier ingénieur agronome et le deuxième d’œnologue à l’institut des Science de la vigne à Bordeaux, qu’elle obtient fin 2016. Après ses études elle entame 4 mois de vinifications en Afrique du Sud, puis rentre en France et décroche le poste de technicienne relation adhérents aux Caves de la Loire.
Tout comme sa collègue Claire, ce qu’elle aime dans ce métier c’est les échanges avec les vignerons adhérents, la diversité des missions, se sentir utile pour faire progresser les vignerons tout en apprenant.

Élodie a commencé ses études supérieures par un DUT Techniques de commercialisation suivi d’un IUP en gestion professionnelle des PME PMI en alternance en banque pour finalement se rendre compte qu’elle souhaitait travailler dans le milieu viticole. Elle finit alors par postuler au Leclerc de Romoranthin rayons vins, en apprentissage chef de rayon liquide. Puis elle reprit ses études avec un master en commerce, gestion et export orientation spiritueux à l’université des eaux de vie de Ségonzac. Par la suite, Élodie est partie à Dublin en Irlande avec pour objectif d’améliorer son anglais et y est finalement restée 5 ans, comme vendeuse puis manager dans une boutique de vin. De retour en France, elle travaille pendant 5 ans au Château Moncontour à Vouvray en commençant comme responsable de secteur puis ensuite responsable des centrales régionales avant d’être embauchée chez Loire Propriétés il y a deux ans pour venir travailler en tant que responsable compte clé sur le secteur de la grande distribution. Ce qu’elle aime dans ce milieu c’est la richesse et la diversité du produit en lui-même qui permet d’évoluer dans un univers où les gens sont passionnés par ce qu’ils font. Elle a choisi le commerce, car elle aime le challenge et la relation clientèle qui permet de rencontrer, convaincre et développer.

Après un diplôme BSC dans l’agro-alimentaire option vin, Eszter commence son parcours professionnel dans un grand domaine en Hongrie sa terre natale où elle travaille sur un projet avec l’Australie qui lui donne l’envie pendant quelques années de voyager plus loin. Après quelques milliers de kilomètres à travers le monde viticole elle décide de rejoindre son mari et le vignoble de la Loire pour s’y installer définitivement. La barrière de la langue fut compliqué au début il a fallu qu’elle reprenne des études de langue puis lancée dans les études elle continue d’étudier à l’ESA et obtient le diplôme d’Agricadre.

Cela fait maintenant 10 ans qu’elle occupe le poste de responsbale du caveau de Brissac. Comme elle aime bien dire « Chaque jour je vends le vins Royal de Loire ». Elle apprécie la diversité de son travail « j’aime le bon vin comme j’aime les bons clients, tous les vins sont différents comme il n’y a pas deux clients pareils ».
Pour elle, comme pour beaucoup de personne du milieu viticole, chaque millésime est un nouveau challenge, chaque client une approche différente. Tous les jours est une nouvelle aventure face aux clients, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir

Après des études d’Ingénieur Agronome à Rennes, Laure entre dans le monde du travail chez Socopa pendant une année pour ensuite intégrer les Caves de la Loire en 2002 en tant que responsable qualité. Comme la plupart de ses collègues la première chose que Laure apprécie dans son travail c’est la diversité des missions, aucun jour ne se ressemble, mais également le relationnel avec toutes les parties prenantes (vignerons, salariés, Direction, fournisseurs, acheteurs, interprofession…).

Après un BTS protection des cultures en 85-87, Agnès effectue un deuxième BTS viti-oeno en 87-89 puis intègre la Cave de Oisly et Thésée en tant qu’œnologue.
Ce qu’elle préfère dans son métier ce sont les vinifications, être en contact direct avec le vin, créer des cuvées exceptionnelle pour ainsi connaître toutes les facettes des terroirs.